Facteurs de risque d’une cystite
Les facteurs qui nourrissent l’implantation des bactéries dans l’appareil urinaire sont:
- Anatomie
- Rapports sexuels
- Immunosuppression
- Anomalie des voies urinaires
- Reflux,
- calculs, tumeur…
- Grossesse
La cystite prédomine chez les femmes chez qui existent des facteurs favorables indépendamment de la bactérie infectante et des moyens de défense de l’organisme.
Les facteurs propres à la femme
L’anatomie féminine présente en premier lieu un urètre très court (3cm à 4cm) situé à faible proximité des zones anales et vaginales responsables de germes pathogènes.
Les menstruations favorisent également la macération et en conséquence le risque de prolifération bactérienne.
Les modification hormonales à certaines périodes de la vie de la femme (grossesse, ménopause) provoque une fragilité avec une modification du pH urinaire. Ce pH est normalement acide et par là même limite le développement bactérien. Chez la femme, ce pH dépend pour partie de l’imprégnation œstrogénique. A la ménopause, l’atrophie des muqueuses vaginales et urétrale aboutit à leur sécheresse ce qui favorise l’implantation de bactéries. De même l’augmentation du pH par diminution du taux estrogènes augmente le risque de cystite.
Le résidu post mictionnel du à un trouble urodynamique ou d’origine neurologique ou encore un cystocèle. Ce dernier, plus fréquent chez la femme ménopausée, correspond à une déformation du pelvis due à une modification hormonale. Ce résidu post mictionnel est responsable de stase urinaire entre 2 mictions augmentant ainsi le risque d’adhésion de bactéries à la muqueuse vésicale.
L’âge avancé avec ses facteurs mécaniques et physiologiques tels que l’incontinence ou la présence d’un cystocèle
Les antécédents d’infection urinaire
Les facteurs génétiques notamment les antécédents maternels d’infection urinaire ou la survenue d’infection urinaire lors de l’enfance.
La vie sexuelles de la femme
Le rapport sexuel en lui-même est considéré comme un facteur de risque de cystite par les petits traumas au niveau des muqueuses provoqués par l’acte. Ceux-ci augmentent le risque d’infection. Par ailleurs, pendant l’acte sexuel, le méat urétral s’ouvre ce qui peut laisser passer les germes dans l’urètre.
Les brides hyménéales avec leurs mouvements, viennent au contact du méat urinaire et raccourcissent le trajet des bactéries pour coloniser l’urètre.
La contraception orale a peu d’action sur la survenue d’infection urinaire. En revanche, les dispositifs intravaginaux (diaphragmes) ou l’utilisation de spermicides augmentent le risque infectieux. Il semble que cela soit pas le cas de l’utilisation de stérilet.
Les infections génitales (mycoses, vaginites) favorisent les infection urinaires par des phénomènes inflammatoires qui favorisent l’adhésion bactérienne et les séquelle au niveau des muqueuses.
L’hygiène de vie
L’insuffisance ou l’excès d’hygiène favorisent tout deux l’infection. Une hygiène excessive provoque des lésions sur les muqueuses et au niveau cutané augmentant le risque de contamination périnéale: une toilette intime par jour est suffisant.
Le choix vestimentaire avec les vêtements moulant ou synthétiques nourrissent la macération ce qui accélère le processus de colonisation.
Le phénomène d’essuyage après chaque miction doit se faire de l’avant vers l’arrière afin d’éviter de ramener des germes fécaux proche du méat urinaire.
L’hygiène alimentaire doit éviter tout trouble du transit (diarrhée, constipation) au risque de modifier la flore fécale.
Les bains à remous et les jacuzzi par la température élevée de l’eau favorisent le milieu de culture et l’action émolliente au niveau cutané. Par ailleurs, les remous sont responsables de la dissémination des germes et activent la contamination.
Les facteurs généraux
La grossesse
L’infection urinaire chez la femme enceinte met en cause plusieurs facteurs.
La progestérone inhibe le péristaltisme des voies urinaires et diminue le tonus sphinctérien uro-vésical. Ce phénomène entraîne le reflux et la stagnation des urines. L’étirement des uretères favorise le reflux vésoci-urétéral et augmente le risque de migration ascendante des germes vers les reins.
Par ailleurs, il est observé une sécrétion plus importante par la femme enceinte de bicarbonates alcalinisant le pH urinaire.
Le diabète
Les urines de personnes diabétiques sont riches en glucose qui constitue le principal nutriment des bactéries. Les urines du diabétique sont donc un excellent milieu de culture.
Par ailleurs le système immunitaire du diabétique est déprimé ce qui restreint sa capacité de lutte face à une infection notamment urinaire.
La neuropathie diabétique se traduit au niveau urinaire par un dysfonctionnement de la vidange vésicale conduisant à l’apparition d’un résidu post-mictionnel favorisant la survenue d’une infection. Le risque de pyélonéphrite est augmenté notablement par ce phénomène.
Les traitements médicamenteux et notamment la consommation d’antibiotiques qui décapent et déséquilibre la flore intestinale et vaginale. Il en va de même avec les anticholinergiques, les antidépresseurs, es somnifères et les psychotropes qui diminuent la perception du besoin urinaire et favorisent l’infection.
L’immunodépression
Les maladies neurologiques en ce sens qu’elles peuvent toucher l’innervation de l’appareil urinaire et augmenter ainsi le risque infectieux (vessie neurologique, perte d’autonomie vésicale et sphinctérienne).
La sonde urinaire, comme tout corps étranger, favorise l’adhésion bactérienne le long de la sonde.
L’insuffisance rénale et la réduction de la filtration rénale diminue la diurèse et augmente le risque de cystite ou d’infection urinaire.