Les voies de pénétration & prolifération

Comment une cystite apparait?

La voie ascendante

C’est LE mécanisme habituel de l’infection urinaire des femmes et correspond à 90% des infections des voies urinaires. La voie ascendant correspond en une succession d’étapes:

Étape 1 – La colonisation pré-urétrale puis urétrale est la première étape. Celle-ci est obligatoire et constitue l’élément initiateur de l’infection urinaire. Pour des raisons qui restent encore mal connues, la flore normale du périnée (germes saprophytes) est remplacée par des germes pathogène d’origine fécale.

Chez les femmes, la petite dimension de l’urètre et sa proximité avec l’anus et les lèvres du vagin représente un environnement propice à cette infection.

Étape 2- L’invasion vésicale puis la prolifération des germes dans l’urine vésicale. En ce qui concerne l’E.coli, seules 20 minutes sont suffisantes pour voire la colonies doubler.

Étape 3 – La réponse inflammatoire de la vessie se traduit par un afflux de polynucléaires neutrophiles

Étape 4- L’invasion du haut appareil

Étape 5 – L’atteinte inflammatoire aigüe voire chronique du parenchyme rénal.

À chaque étape, un nombre décroissant de germes se développent. Tout facteur anatomique qui favorise la première étape renforce par conséquence le risque de passage aux étapes les plus sévères

La voie sanguine

Par cette voie, les bactéries les bactéries vont diffuser à partir d’un foyer infectieux et parviennent à la vessie ou au rein lors d’une bactériémie ou septicémie. Cette voie représente environ 10% des cas et se produit lors de lésions au niveau du parenchyme rénal ou de la paroi vésicale.

La voie lymphatique

Les germes intestinaux traverseraient les anastomose entre colon et rein droit et se rependraient ainsi dans l’urine et la vessie.

Comment le corps se défend t’il?

La place des défenses de l’appareil urinaire a été démontrée récemment sans pour autant être aussi performant et vigoureux que ceux du système digestif ou respiratoire. Toutefois, les agressions sont également moins fréquentes et intenses.

La longueur de l’urètre: les bactéries doivent remonter le long des parois de l’urètre avant d’atteindre la vessie. Pour les femmes, l’urètre est plus court et la contamination de la vessie s’en retrouve facilitée.

Le flux d’urine aux niveaux des uretères est permanent, unidirectionnel et sans turbulence. Ce phénomène physique empêche donc toute adhésion bactérienne.

La fréquence des mictions permet une élimination régulière des bactéries. Chaque miction permet l’élimination des éventuelles bactéries présentes dans la vessie mais aussi celles qui pourraient remonter le long de l’urètre. Cela illustre l’intérêt d’avoir des mictions franches avec un débit suffisant et régulièrement espacées (minimum de 5 mictions par jour).

L’urine dont l’osmolarité est faible et son pH acide en l’absence de protéine et d’acide aminée constitue un milieu défavorable à la prolifération bactérienne. L’urée, les acides organiques et certains sels présents dans l’urine ont des propriétés inhibitrices sur la croissance bactérienne (pour éviter les verrues, uriner sous votre douche!!).

Les métabolites élaborés par l’appareil urinaire (protéine de Tamm-Hostfall, IgA sécrétoires, oligosaccharides) sont soit libérés dans l’urine, soit fixés dans les muqueuses évitant ou diminuant les risque infectieux.

La réponse inflammatoire secondaire à l’infection provoque un afflux de cellules phagocytaires et de polynucléaires neutrophiles. Elle circonscrit le développement de l’infection, permet la production plus importante de mucus avec des oligosaccharides porteurs de résidus mannoses. On observe une production localisée de cytokines, médiateurs de l’inflammation qui se retrouvent ensuite dans l’urine.